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Article de fond — proposition soumise à la consultation

Le Comité citoyen de surveillance : de l'imputabilité à une vigie démocratique permanente

Histoire, évolution, mission, garanties d'autonomie et prochaines étapes du projet de Comité citoyen permanent de surveillance propulsé par Démocratie Directe.

Qui surveille le pouvoir entre deux élections?

Tous les quatre ans, les partis politiques demandent aux citoyens de leur faire confiance.

Ils présentent des engagements, annoncent des priorités et promettent des changements. Puis l'élection passe. Les décisions s'accumulent, les dépenses se multiplient et la mémoire collective se perd graduellement dans le flot quotidien des annonces, des débats et des nouvelles.

Certaines promesses avancent. D'autres changent de forme, dépassent leur budget, prennent du retard ou disparaissent. Lorsque les citoyens cherchent à comprendre ce qui s'est réellement produit, l'information existe parfois, mais elle est dispersée entre les communiqués, les crédits budgétaires, les projets de loi, les procès-verbaux, les rapports annuels et les déclarations publiques.

Une démocratie ne devrait pourtant pas demander aux citoyens de voter, puis de détourner le regard pendant quatre ans.

C'est de ce constat qu'est né le projet de Comité citoyen permanent de surveillance, propulsé à l'origine par Démocratie Directe. Son ambition n'est pas de remplacer les institutions existantes, de prononcer des condamnations ou d'exercer un pouvoir d'enquête qu'il ne possède pas. Son ambition est plus simple et, en même temps, profondément démocratique :

Donner aux citoyens un outil permanent pour observer, documenter, vérifier, comprendre et demander des comptes.
Ce projet demeure aujourd'hui une proposition. Aucun financement, statut juridique, pouvoir ou mode de composition n'a encore été adopté. Son évolution doit donc être comprise comme un passage progressif : d'un principe fondateur vers une méthode de travail, puis d'une méthode vers une institution citoyenne qui ne pourra voir le jour qu'après une consultation réelle et des validations juridiques, électorales, financières et organisationnelles.

L'évolution en un coup d'œil

Période Étape Évolution du projet
2019-2021 Fondation constitutionnelle La souveraineté populaire, l'imputabilité et la subsidiarité sont définies comme des principes de base.
2024-2025 Formalisation dans les statuts Démocratie Directe se dote de règles internes; le Conseil exécutif peut créer les comités requis et doit assurer la conformité des actions du parti.
2026 Traduction dans le Manuel Le manque de contrôle citoyen sur les dépenses devient un diagnostic officiel; les comités citoyens, la transparence des budgets et la cyberdémocratie deviennent des solutions proposées.
Été 2026 Professionnalisation Une directive interne développe les principes d'autorisation, de traçabilité, de conservation des preuves et de correction des erreurs.
Fin août 2026 Naissance de la méthode des cinq indicateurs Le suivi politique est organisé autour de cinq questions : PROMIS, VOTÉ, DÉPENSÉ, RÉALISÉ, EXPLIQUÉ.
Septembre 2026 Consultation des membres Démocratie Directe soumet l'étude et la création éventuelle du comité à ses membres sans annoncer de décision déjà prise.
Étape suivante Préfiguration Une charte, un protocole de recherche et un projet pilote pourraient être testés sans prétendre que le comité est déjà autonome ou constitué.
Objectif à long terme Vigie citoyenne permanente Une structure autonome, pluraliste et responsable pourrait suivre tous les partis, y compris Démocratie Directe, selon les mêmes critères.
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2019-2021

Les racines : souveraineté populaire, imputabilité et subsidiarité

Le Comité citoyen de surveillance n'apparaît pas comme une idée isolée. Il découle directement des principes développés dans les documents fondateurs de Démocratie Directe.

La Constitution fondatrice — appelée « Constitution provisoire » dans les versions antérieures — définit notamment :

  • la souveraineté, comme capacité d'agir;
  • la délégation, comme attribution d'un pouvoir sans que le peuple en perde la propriété;
  • l'imputabilité, comme obligation de répondre de ses décisions et de ses actes;
  • la responsabilité, comme obligation d'assumer les conséquences de ses choix;
  • la subsidiarité, comme exercice de la décision au niveau le plus près possible des citoyens concernés;
  • le mandat impératif, comme encadrement des mandataires par des obligations déterminées.

Ces notions changent la manière d'envisager la surveillance démocratique.

Dans une logique strictement représentative, la surveillance est souvent concentrée dans les institutions, les partis d'opposition, les médias et les élections périodiques. Dans une logique de souveraineté populaire, les citoyens ne sont pas seulement les destinataires des rapports produits par les institutions. Ils doivent pouvoir participer eux-mêmes à la compréhension, au suivi et à l'évaluation des décisions.

Le comité représente ainsi une application concrète de l'imputabilité : si les élus et les institutions exercent un pouvoir délégué, ils doivent pouvoir expliquer ce qu'ils ont fait de ce pouvoir.

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2024-2025

La possibilité organisationnelle apparaît

Les Statuts et Règlements de Démocratie Directe, révisés le 21 novembre 2024 et adoptés le 13 avril 2025, donnent au Conseil exécutif la responsabilité de planifier les actions du parti, d'assurer son bon fonctionnement financier, de respecter les lois et règlements et de créer les comités requis par ses activités.

Cette disposition rend possible la création d'un comité interne. Elle ne crée cependant pas automatiquement un organisme autonome et ne lui accorde aucun pouvoir légal particulier.

Une distinction capitale

Comité du parti

Agit sous la responsabilité du parti.

Organisme distinct

Possède sa propre gouvernance, mais doit gérer séparément ses relations financières, politiques et opérationnelles avec le parti.

Organisme public de contrôle

Reçoit ses pouvoirs d'une loi, ce que le comité citoyen proposé ne serait pas.

L'évolution du projet doit donc éviter une confusion fréquente : appeler un comité « indépendant » ne suffit pas à le rendre indépendant. Son autonomie devra être démontrée par sa structure, son financement, ses règles de nomination, ses méthodes de travail et sa capacité à critiquer publiquement l'organisation qui a contribué à sa création.

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2026

Le diagnostic devient explicite

Le Manuel de Démocratie Directe 2026 formule clairement le problème auquel le comité cherche à répondre. Le document identifie un manque de transparence et d'imputabilité ainsi qu'une absence de contrôle citoyen sur les dépenses et les nominations.

Le manuel propose plusieurs réponses complémentaires

  • la publication obligatoire des décisions et des budgets;
  • la création de comités citoyens;
  • une loi sur l'imputabilité;
  • une loi sur l'information;
  • une plateforme de cyberdémocratie;
  • des mécanismes d'initiative et de consultation citoyennes.

Le Comité citoyen de surveillance apparaît comme le point de rencontre de ces propositions.

Il transforme la transparence en travail organisé. Il ne suffit plus de publier des milliers de pages de documents : encore faut-il que les citoyens puissent retrouver les informations importantes, comprendre leur contexte, les comparer dans le temps et savoir ce qui reste inexpliqué.

Le comité ne serait donc pas seulement un diffuseur d'information. Il deviendrait un outil de mémoire démocratique.

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Été 2026

De la valeur morale à la méthode vérifiable

La directive interne de Démocratie Directe sur les communications, les publicités et les dépenses marque une nouvelle étape dans cette évolution. Elle introduit une culture de traçabilité : identifier l'auteur d'une demande, l'entité qui en bénéficie, les coûts, les autorisations, les pièces justificatives et la version diffusée.

Même si cette directive concerne d'abord la conformité électorale du parti, sa logique peut inspirer le comité :

On ne publie pas une accusation pour chercher ensuite comment la justifier. On documente, on vérifie et on distingue les faits des interprétations avant de publier.

Cette méthode conduit à plusieurs exigences

  • conserver les sources originales;
  • dater les documents consultés;
  • archiver les déclarations publiques pertinentes;
  • expliquer la méthode de calcul;
  • déclarer ce qui manque;
  • soumettre les faits essentiels à une révision interne;
  • offrir un droit de réponse;
  • corriger publiquement les erreurs;
  • conserver l'historique des corrections.

À ce stade, le projet quitte le terrain du slogan. Il commence à développer les réflexes nécessaires à une vigie crédible.

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La grille de lecture

Les cinq indicateurs qui donnent une identité au comité

L'étape la plus visible de cette évolution est la création d'une grille de lecture commune :

PROMIS VOTÉ DÉPENSÉ RÉALISÉ EXPLIQUÉ

Ces cinq indicateurs permettent de suivre une décision depuis son annonce jusqu'à ses résultats.

PROMIS

Qu'est-ce qui a réellement été annoncé? Par qui? À quelle date? Devant quel public? Était-ce une promesse ferme, un objectif, une intention, une hypothèse ou une déclaration conditionnelle?

Le comité devrait reproduire la formulation exacte, fournir la source et éviter de transformer une déclaration prudente en engagement absolu.

VOTÉ

Quelle décision a été officiellement prise? Existe-t-il un projet de loi, un règlement, un décret, une résolution, un budget ou un procès-verbal? Comment les élus et les partis se sont-ils prononcés?

Cette étape distingue la parole politique de la décision institutionnelle.

DÉPENSÉ

Quelles sommes ont été autorisées, engagées ou payées? Les montants annoncés correspondent-ils à une estimation, à un budget total, à une dépense annuelle ou à une dépense réellement comptabilisée? Quelles sources publiques permettent de les vérifier?

Le comité doit éviter de confondre une enveloppe annoncée avec une somme effectivement dépensée.

RÉALISÉ

Qu'est-ce qui a concrètement été livré? Quels services, infrastructures, changements législatifs ou résultats mesurables existent? Les objectifs initiaux sont-ils encore pertinents? Quels indicateurs permettent une comparaison honnête?

La réalisation ne se limite pas à l'existence d'une annonce ou d'un chantier. Elle suppose un résultat observable.

EXPLIQUÉ

Les citoyens ont-ils reçu une explication claire lorsque le coût, l'échéancier, la portée ou le résultat a changé? Cette explication répond-elle réellement aux écarts observés? Les nouvelles informations ont-elles été rendues accessibles?

Ce cinquième indicateur est essentiel. Une politique peut légitimement évoluer. Ce qui devient antidémocratique, c'est l'absence d'explication vérifiable.

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Le mandat

Ce que le comité pourrait surveiller

Dans les limites de son mandat et à partir de sources auxquelles il a légalement accès, le comité pourrait :

  • suivre les engagements publics des partis, des élus et des dirigeants;
  • comparer les annonces, les décisions, les dépenses et les résultats;
  • maintenir une base chronologique des changements de position;
  • rendre les budgets et rapports plus compréhensibles;
  • documenter les écarts d'échéancier et de coût;
  • analyser les indicateurs de performance annoncés par les institutions;
  • vérifier si les réponses officielles abordent réellement les questions posées;
  • transmettre des demandes d'accès à l'information lorsque cela est approprié;
  • signaler les dossiers relevant d'une institution compétente;
  • publier une synthèse factuelle et un dossier de sources;
  • offrir aux citoyens des fiches de vérification réutilisables;
  • surveiller Démocratie Directe selon exactement les mêmes critères.

Le comité pourrait aussi créer des cellules thématiques — santé, logement, transport, environnement, éducation ou finances publiques — à condition que chaque cellule applique la même méthodologie et rende compte à la même gouvernance.

Un premier projet pilote pourrait, par exemple, documenter l'accès aux traitements et les délais de services pour les personnes vivant avec une maladie dégénérative. Un tel projet devrait toutefois protéger rigoureusement les renseignements de santé et ne jamais publier un témoignage identifiable sans consentement valide.
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Les limites

Ce que le comité ne serait pas

La crédibilité du projet dépend autant de ses limites que de ses ambitions. Le Comité citoyen de surveillance :

  • ne serait pas un tribunal;
  • ne déclarerait personne coupable;
  • ne posséderait pas de pouvoir de perquisition ou de contrainte;
  • ne remplacerait pas la police, les procureurs ou les tribunaux;
  • ne remplacerait pas le Vérificateur général;
  • ne remplacerait pas le Protecteur du citoyen;
  • ne remplacerait pas le Commissaire à l'éthique et à la déontologie;
  • ne remplacerait pas le Commissaire au lobbyisme;
  • ne remplacerait pas Élections Québec;
  • ne remplacerait pas le travail journalistique;
  • ne pourrait pas garantir l'exactitude d'une information inaccessible;
  • ne devrait pas publier une conclusion que les sources disponibles ne permettent pas d'établir.

Le Québec possède déjà plusieurs institutions indépendantes désignées par l'Assemblée nationale. Leur statut vise justement à préserver leur impartialité. Le Vérificateur général surveille notamment la gestion des fonds publics; le Commissaire à l'éthique applique le Code d'éthique des membres de l'Assemblée nationale; le Commissaire au lobbyisme surveille les activités de lobbyisme; Élections Québec contrôle notamment le financement politique et les dépenses électorales.[1]

Le Protecteur du citoyen reçoit pour sa part des plaintes concernant les ministères, des organismes publics et le réseau de la santé et des services sociaux, et il traite certaines divulgations d'actes répréhensibles.[2]

Le comité devrait orienter les citoyens vers ces recours lorsque leur situation relève d'un organisme existant. Sa valeur ajoutée serait de relier les informations, maintenir une mémoire publique et rendre les suivis compréhensibles.

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Le cœur du projet

Pourquoi l'autonomie est déterminante

Un comité créé ou soutenu par un parti politique sera naturellement soupçonné de servir les intérêts de ce parti. Cette inquiétude n'est pas un obstacle à écarter; c'est le premier problème que la structure doit résoudre.

Le parti peut contribuer au lancement du mécanisme, mais il ne doit pas pouvoir acheter, modifier, retarder ou interdire ses conclusions.

Une autonomie crédible demanderait au minimum

  • une charte publique;
  • une majorité de membres qui n'occupent aucune fonction dirigeante au parti;
  • l'inadmissibilité temporaire des candidats, agents officiels et dirigeants partisans aux fonctions décisionnelles du comité;
  • des mandats limités et échelonnés;
  • une procédure de nomination documentée;
  • des critères de compétence et de diversité;
  • des déclarations publiques de conflits d'intérêts;
  • l'interdiction des instructions éditoriales partisanes;
  • un budget publié;
  • une vérification financière appropriée;
  • un registre des rencontres avec les partis et organisations visés;
  • une procédure de plainte indépendante;
  • une obligation d'examiner Démocratie Directe selon les mêmes critères;
  • la publication des opinions minoritaires lorsque le comité n'arrive pas à une conclusion unanime.

Une politique de récusation devrait empêcher un membre de participer à un dossier impliquant une organisation, une personne ou un intérêt avec lequel il entretient un lien significatif.

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Architecture

Trois structures possibles

Avant de créer le comité, Démocratie Directe devra choisir une architecture. Chaque option possède des avantages et des limites.

Modèle Avantage principal Limite principale
Comité interne du parti Mise en place plus simple et contrôle administratif clair Autonomie et crédibilité publiques limitées
Organisme sans but lucratif distinct Gouvernance et identité séparées Relations financières et politiques plus complexes; autonomie réelle à démontrer
Modèle évolutif en deux étapes Permet de tester la méthode avant de constituer une structure durable Nécessite une frontière claire entre la phase interne et l'organisme futur

Le modèle évolutif recommandé

La voie la plus prudente serait une évolution en deux temps.

Phase 1 — Comité de préfiguration

Démocratie Directe autorise une équipe temporaire à rédiger une charte, une méthodologie, un registre de conflits d'intérêts et un projet pilote. Cette équipe ne se présente pas comme un organisme indépendant et n'engage aucune dépense sans les autorisations requises.

Phase 2 — Structure autonome, si les validations le permettent

Après consultation des membres et obtention d'avis juridiques et financiers, une structure distincte peut être envisagée. Ses règles de financement, ses échanges de services, ses communications et ses liens avec le parti doivent être documentés avant toute activité.

Cette progression évite de promettre une indépendance qui n'existe pas encore.

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La question la plus délicate

Le financement

Démocratie Directe souhaite étudier s'il serait légalement possible d'utiliser une partie de ses ressources pour construire un outil durable de transparence et de reddition de comptes. Cette question ne peut pas être tranchée par une déclaration politique.

Élections Québec rappelle que les dépenses d'une entité autorisée doivent être effectuées par le représentant officiel ou une personne désignée, et que les dépenses électorales doivent être autorisées et payées par l'agent officiel à même le fonds électoral. Les biens et services doivent être évalués à leur juste valeur et accompagnés des pièces justificatives nécessaires.[3]

Pendant une période électorale, toute intervention qui a un coût et un effet partisan peut constituer une dépense électorale. Une intervention peut avoir un effet partisan si elle approuve, désapprouve, diffuse ou combat les actes ou le programme d'un parti ou d'un candidat.[4]

Les avertissements transmis par Élections Québec

  • le parti doit prévenir les conflits d'intérêts qui compromettraient la saine gestion de ses fonds;
  • les dépenses doivent être préalablement autorisées;
  • les contributions en biens et services sont encadrées;
  • les services gratuits fournis par une personne morale peuvent constituer une contribution non conforme;
  • la coordination entre un tiers et un parti peut avoir des conséquences en matière de contributions ou de dépenses électorales;
  • Élections Québec fournit de l'information sur la Loi, mais ne valide pas les documents internes d'un parti;
  • les questions d'interprétation juridique doivent être soumises à un conseiller juridique.

Il serait donc imprudent d'annoncer aujourd'hui

  • un montant;
  • un pourcentage du budget du parti;
  • un transfert de fonds;
  • un contrat de services;
  • un statut d'organisme;
  • un mécanisme de collecte distinct;
  • une campagne payante menée par le futur comité.

Ces éléments devront être définis seulement après un avis écrit portant sur le montage précis envisagé.

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Période électorale

Un enjeu particulier pendant une campagne

La surveillance des partis pendant une campagne électorale est politiquement pertinente, mais juridiquement sensible.

La Loi électorale encadre les dépenses des tiers et des intervenants particuliers. Un intervenant particulier ne peut pas favoriser ou défavoriser directement un candidat ou un parti, ni engager une dépense à la suite d'une entente, d'une collusion ou d'un lien avec quiconque.[5]

Un organisme autonome qui comparerait les partis, achèterait de la publicité ou produirait du contenu coûteux pendant la période électorale pourrait donc rencontrer des obligations ou des interdictions particulières selon la nature exacte de ses activités.

Aucune dépense, campagne, commandite ou production payante liée au comité ne devrait être engagée en période électorale sans qualification préalable et autorisation écrite de la personne légalement responsable.

Une publication organique sans coût additionnel n'est généralement pas une dépense électorale, mais les coûts de conception, de production, de logiciels, de photographie, de montage ou de commandite doivent être analysés séparément.

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Vie privée

La protection des renseignements personnels

Un comité de surveillance peut recueillir des courriels, des plaintes, des témoignages, des documents, des coordonnées et parfois des informations sensibles. La transparence du pouvoir ne justifie pas la transparence forcée de la vie privée des citoyens.

La Commission d'accès à l'information rappelle que les partis politiques et leurs instances doivent protéger les renseignements personnels qu'ils détiennent sur les électeurs. Les organisations privées doivent aussi encadrer la collecte, l'utilisation, la communication, la conservation et la destruction des renseignements personnels.[6]

Le comité devrait adopter avant toute collecte

  • une politique de confidentialité;
  • une définition précise des finalités de collecte;
  • un formulaire de consentement compréhensible;
  • un calendrier de conservation et de destruction;
  • des contrôles d'accès;
  • des mesures de sécurité proportionnées à la sensibilité des données;
  • une procédure de gestion des incidents;
  • une méthode d'anonymisation des témoignages;
  • une interdiction de transmettre automatiquement au parti les renseignements reçus par le comité.

Les renseignements de santé, les allégations d'inconduite, les coordonnées personnelles et l'identité des lanceurs d'alerte exigeraient une protection renforcée.

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Équité

La réputation et le droit de réponse

Surveiller publiquement une personne ou une organisation comporte un risque réel d'atteinte injustifiée à la réputation. Le Code civil du Québec reconnaît à toute personne le droit au respect de sa réputation et de sa vie privée.[7]

Le comité devrait donc s'interdire

  • les titres qui déclarent une culpabilité non établie;
  • la publication d'une rumeur comme un fait;
  • les montages trompeurs;
  • les insinuations fondées sur une simple association;
  • la sélection de données qui change artificiellement le sens d'un dossier;
  • la publication d'informations personnelles sans nécessité;
  • le refus systématique de corriger une erreur.

Chaque fiche importante devrait indiquer

  • les faits établis;
  • les sources consultées;
  • les informations contestées;
  • les limites de l'analyse;
  • la réponse de la personne ou de l'organisation concernée;
  • la date de la dernière mise à jour;
  • l'historique des corrections.

Le droit de réponse ne doit pas permettre à une organisation de censurer une analyse. Il permet de s'assurer que les faits pertinents et les explications contradictoires sont présentés avant ou rapidement après la publication.

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Méthode

Les dix étapes d'une enquête citoyenne

Une analyse du comité pourrait suivre dix étapes publiques.

  1. Réception — Une question, une promesse ou un dossier est proposé.
  2. Admissibilité — Le comité vérifie que le sujet entre dans son mandat.
  3. Conflits d'intérêts — Les membres concernés déclarent leurs liens et se récusent au besoin.
  4. Plan de recherche — Les questions, périodes, sources et critères sont définis.
  5. Collecte — Les documents publics et réponses officielles sont archivés.
  6. Vérification — Les données sont comparées et les calculs sont reproduits.
  7. Révision — Une deuxième personne vérifie les éléments centraux.
  8. Droit de réponse — Les personnes visées reçoivent les faits essentiels et un délai raisonnable.
  9. Publication — La fiche, les sources, les limites et les réponses sont rendues publiques.
  10. Suivi — La fiche est mise à jour et toute correction demeure visible.

Un vocabulaire normalisé

Vérifiéappuyé par une source primaire accessible
Partiellement vérifiéune partie est confirmée, mais une donnée importante manque
Non vérifiableles sources accessibles ne permettent pas de conclure
Contreditune source fiable démontre que l'affirmation est inexacte
Opinionjugement qui ne peut pas être présenté comme un fait
En attente de réponsequestion transmise, réponse non reçue
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Réciprocité

Qui surveillera le comité?

Un organisme chargé de surveiller les autres doit accepter d'être lui-même surveillé.

Sa reddition de comptes devrait comprendre

  • un rapport annuel d'activités;
  • les états financiers ou un état détaillé des revenus et dépenses;
  • la liste des sources de financement;
  • les règles de rémunération et de remboursement;
  • la liste des membres et la durée de leurs mandats;
  • les déclarations de conflits d'intérêts;
  • le nombre de dossiers reçus, retenus, refusés et corrigés;
  • les délais moyens de traitement;
  • le nombre de droits de réponse reçus;
  • le registre des corrections;
  • une évaluation externe périodique de la méthodologie;
  • un mécanisme indépendant de plainte et d'appel;
  • la publication de toute intervention du parti visant à influencer un dossier.
Si le comité n'est pas capable de surveiller Démocratie Directe avec les mêmes critères, il ne pourra jamais prétendre surveiller honnêtement les autres.
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Feuille de route

Les prochaines étapes proposées

Puisqu'aucune décision n'a été adoptée, l'évolution du projet pourrait suivre un processus prudent.

Étape 1 — Consultation citoyenne

Recueillir les appuis, les réserves et les refus. Publier une synthèse qui présente aussi les objections.

Étape 2 — Résolution de principe

Le Conseil exécutif décide seulement s'il autorise la poursuite de l'étude, sans autoriser automatiquement la création ou le financement du comité.

Étape 3 — Groupe de préfiguration

Former une petite équipe temporaire chargée de produire une charte, une méthodologie, un budget hypothétique et une analyse des risques.

Étape 4 — Avis écrits

Obtenir les validations nécessaires concernant la Loi électorale, le droit des organismes, la fiscalité, la protection des renseignements personnels, les communications publiques et les risques de responsabilité.

Étape 5 — Projet pilote

Tester la grille PROMIS - VOTÉ - DÉPENSÉ - RÉALISÉ - EXPLIQUÉ sur un dossier limité en utilisant exclusivement des sources publiques.

Étape 6 — Audit de la méthode

Inviter des personnes externes à repérer les biais, les failles et les conflits d'intérêts du projet pilote.

Étape 7 — Deuxième consultation

Présenter aux membres et aux citoyens un modèle complet : mandat, structure, financement, protections et résultats du projet pilote.

Étape 8 — Décision formelle

Adopter, modifier ou abandonner le projet selon les consultations et les avis obtenus.

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État du dossier

Ce qui n'a pas encore été décidé

À la date du présent article :

  • aucun montant n'a été déterminé;
  • aucune affectation financière n'a été autorisée;
  • aucune structure juridique n'a été retenue;
  • aucune composition n'a été décidée;
  • aucun membre n'a été nommé;
  • aucun pouvoir d'enquête n'a été accordé;
  • aucune conclusion juridique n'est annoncée;
  • aucune relation financière avec un organisme distinct n'a été approuvée;
  • aucune campagne publicitaire du comité n'a été autorisée;
  • aucune décision finale de création n'a été adoptée.

La consultation ne constitue pas l'adoption du projet. Elle vise à déterminer si cette idée doit être étudiée sérieusement et selon quelles garanties.

La question appartient maintenant aux citoyens

Appuieriez-vous l'étude et la création éventuelle d'un Comité citoyen permanent de surveillance, financé légalement, doté de garanties d'autonomie et soumis à une reddition de comptes publique?
OUI

Les citoyens doivent disposer de leurs propres outils permanents de surveillance démocratique.

À ÉTUDIER

Vous appuyez la poursuite de la réflexion, mais souhaitez connaître la structure, les garanties d'autonomie et les règles de financement avant toute décision.

NON

Vous préférez que les ressources disponibles soient consacrées à d'autres priorités.

Vous pouvez également préciser :

  • ce que le comité devrait surveiller en priorité;
  • quelles garanties d'autonomie vous jugez indispensables;
  • qui devrait pouvoir y participer;
  • comment ses membres devraient être choisis;
  • quelles informations devraient obligatoirement être publiques;
  • quelles limites devraient encadrer son financement;
  • comment prévenir les conflits d'intérêts;
  • comment empêcher sa récupération partisane;
  • comment les citoyens pourraient contester une analyse ou signaler une erreur.
Conclusion

De la confiance demandée à l'imputabilité démontrée

Le Comité citoyen de surveillance représente une évolution importante dans le projet de Démocratie Directe.

Au départ, l'imputabilité était un principe : toute personne exerçant un pouvoir délégué devait répondre de ses actes.

Le Manuel 2026 a ensuite transformé ce principe en orientation concrète : publier les décisions et les budgets, créer des comités citoyens et développer des outils de cyberdémocratie.

La proposition actuelle ajoute maintenant une méthode :

PROMIS VOTÉ DÉPENSÉ RÉALISÉ EXPLIQUÉ

La prochaine évolution sera la plus difficile. Il faudra transformer cette méthode en une structure assez indépendante pour surveiller tous les partis, assez rigoureuse pour résister aux contestations, assez accessible pour servir les citoyens et assez transparente pour accepter d'être elle-même surveillée.

Le pouvoir citoyen ne doit pas seulement s'exercer dans l'isoloir.

  • Il doit pouvoir observer.
  • Il doit pouvoir vérifier.
  • Il doit pouvoir questionner.
  • Il doit pouvoir obtenir des explications.
  • Il doit pouvoir demander des comptes.
Une démocratie adulte ne demande pas seulement : « À qui ferons-nous confiance? » Elle demande aussi : « Comment pourrons-nous vérifier? »

Références

Sources officielles externes

  1. Assemblée nationale du Québec, Personnes désignées par l'Assemblée nationale : rôle du Commissaire à l'éthique, du Commissaire au lobbyisme, du Directeur général des élections et du Vérificateur général.
  2. Protecteur du citoyen, Rôles, plaintes et divulgations.
  3. Élections Québec, Comprendre le financement politique et Sources de financement.
  4. Élections Québec, Description des dépenses électorales.
  5. Élections Québec, Loi électorale — codification administrative applicable à compter du 1er juillet 2026, notamment les règles relatives aux intervenants particuliers.
  6. Commission d'accès à l'information du Québec, Protection des renseignements personnels et Champ d'application pour les organisations privées.
  7. LégisQuébec, Code civil du Québec, chapitre sur le respect de la réputation et de la vie privée.
  8. Vérificateur général du Québec, mission de surveillance de la gestion des fonds et autres biens publics.

Documents de Démocratie Directe consultés

  • Constitution fondatrice du Québec, version de travail antérieurement intitulée Constitution provisoire du Québec — CP 20260201.
  • Statuts et Règlements de Démocratie Directe V2.
  • Manuel de Démocratie Directe 2026.
  • Loi organique sur l'Assemblée constituante.
  • Serment d'Allégeance au Peuple Souverain du Québec.
  • Document de travail stratégique — Référentiel pour soutenir une collaboration constructive.
  • Directive interne — Communications, publicités et dépenses préélectorales et électorales, version de travail du 19 juillet 2026.
  • Demande d'orientations écrites — activités politiques, financement et soutien de sympathisants disposant de moyens importants.
  • Réponses et mises à jour transmises par Élections Québec en août et septembre 2026.
  • Texte de consultation : Qui surveille le pouvoir entre deux élections?

Avis important

Le présent article décrit l'évolution d'une proposition politique. Il ne constitue pas un avis juridique et ne confirme ni la légalité d'un montage financier ni le statut futur du comité. Toute création, dépense, collecte de renseignements, relation avec un organisme distinct ou activité en période électorale devra être validée selon sa forme exacte et autorisée par les personnes légalement responsables.