Opération Faites-nous entendre — Première phase

Les règles du débat : montrez-nous-les

Voici les six questions que Démocratie Directe adresse aux diffuseurs, et le texte intégral de la demande qui les porte. Elles sont publiées avant d'être envoyées : une demande rendue publique à l'avance ne peut plus être réécrite après coup en fonction de la réponse reçue.

12 septembre 2026 7 minutes Pièce MEDIA-004 Démocratie Directe Québec
État au 12 septembre 2026 : texte de la demande arrêté et publié. Aucun envoi effectué — les destinataires ne peuvent être fixés avant confirmation officielle des débats et de leurs organisateurs. Mise à jour : 12 septembre 2026

01 — La méthodePourquoi publier la demande avant de l'envoyer

L'ordre habituel est l'inverse : on envoie, puis on publie ce qui arrange. Cet ordre-là autorise toutes les reconstructions. Une demande publiée d'avance, mot pour mot, engage son auteur avant d'engager son destinataire.

  • Le texte ne peut plus être durci après un refus, ni adouci après une réponse favorable.
  • Chacun peut vérifier que la version envoyée est bien celle qui a été annoncée.
  • Le destinataire sait exactement ce qui lui est demandé avant de le recevoir : aucune embuscade.
  • Si la réponse ne répond qu'à trois questions sur six, cela se voit — sans qu'il soit nécessaire de le dire.
Une question posée en public à laquelle on ne répond pas reste une question. Une question posée en privé devient, avec le temps, une affirmation invérifiable.

02 — La substanceLes six questions

Question ouverte

Elles portent sur l'existence d'une règle, sa publication, sa communication, sa révision, son application et les solutions de rechange. Aucune ne porte sur les intentions du diffuseur, et aucune ne présuppose la réponse.

  1. Des critères existent-ils sous forme écrite ? Pour cette émission et pour cette élection, existe-t-il des critères écrits déterminant quelles formations politiques sont invitées à participer ?
  2. Où sont-ils publiés ? Sont-ils accessibles au public, et à quelle adresse peut-on les consulter intégralement ?
  3. Ont-ils été communiqués à toutes les formations autorisées ? Les partis politiques autorisés par Élections Québec ont-ils tous reçu ces critères, et à quelle date ?
  4. Existe-t-il un mécanisme de révision ? Une formation qui estime remplir les critères, ou dont la situation évolue pendant la campagne, peut-elle demander un réexamen de la décision — et selon quelle procédure ?
  5. Quelle est la procédure d'invitation ? Lorsqu'une formation remplit les critères, comment l'invitation lui est-elle transmise, dans quel délai, et par qui la décision est-elle prise ?
  6. Quels autres accès existent en cas de non-invitation ? Pour une formation non invitée, quels moyens éditoriaux — entrevue, segment explicatif, contenu régional, comparatif de programmes, réponse enregistrée — permettent aux électeurs d'entendre sa proposition pendant la campagne ?

La sixième question est la plus importante. Elle est la seule à laquelle un diffuseur peut répondre favorablement sans rien changer à la composition de son débat. C'est aussi celle dont la réponse profite directement à l'électeur, et non au parti : elle porte sur ce qui sera diffusé, pas sur qui sera invité.

03 — La pièceLe texte intégral de la demande

Texte arrêté

Voici le texte tel qu'il sera transmis. Seuls varieront d'un envoi à l'autre les champs entre crochets : le destinataire, le nom de l'émission et la date. Le corps de la demande, lui, est identique pour tous — c'est la condition pour que les réponses soient comparables entre elles.

Destinataire[Service des affaires publiques — organisateur du débat]
ExpéditeurDémocratie directe — parti politique autorisé par Élections Québec
ObjetDemande de communication des critères d'invitation au débat des chefs
Date[à compléter à l'envoi]
PièceMEDIA-004

Madame, Monsieur,

Démocratie directe est un parti politique autorisé par Élections Québec. Nous nous adressons à vous au sujet de [nom de l'émission ou du débat], dont vous êtes l'organisateur.

Nous tenons d'emblée à préciser l'objet de cette lettre. Nous ne revendiquons aucun droit à participer à votre émission : nous savons qu'un débat des chefs est une production journalistique, que sa composition relève de votre liberté éditoriale, et qu'aucune disposition n'oblige un diffuseur à y convier l'ensemble des partis autorisés. Notre demande porte sur la règle, non sur une place.

Nous vous soumettons donc six questions, auxquelles nous vous serions reconnaissants de répondre par écrit :

  1. Pour cette émission et pour la présente élection générale, existe-t-il des critères écrits déterminant quelles formations politiques sont invitées à y participer ?
  2. Ces critères sont-ils accessibles au public, et à quelle adresse peut-on les consulter intégralement ?
  3. Ont-ils été communiqués à l'ensemble des partis politiques autorisés par Élections Québec, et à quelle date ?
  4. Une formation qui estime remplir ces critères, ou dont la situation évolue pendant la campagne, peut-elle demander un réexamen de la décision, et selon quelle procédure ?
  5. Lorsqu'une formation remplit les critères, comment l'invitation lui est-elle transmise, dans quel délai, et par qui la décision est-elle prise ?
  6. Pour une formation qui ne serait pas invitée, quels moyens éditoriaux — entrevue, segment explicatif, contenu régional, comparatif de programmes, réponse enregistrée ou autre — permettent aux électrices et aux électeurs d'entendre sa proposition pendant la campagne ?

Nous nous engageons à publier votre réponse intégralement, sans coupure et sans commentaire préalable, sur la page publique de notre dossier. Si nous ne recevions pas de réponse, nous y publierions uniquement le fait qu'aucune réponse n'a été reçue et le délai écoulé depuis l'envoi, sans lui prêter d'interprétation.

Nous vous saurions gré de bien vouloir accuser réception de la présente. Nous demeurons disponibles pour tout échange que vous jugeriez utile, et vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de notre considération distinguée.

[Nom et qualité du signataire] — Démocratie directe
Coordonnées média dédiées : voir le dossier de presse
Dossier public : democratiedirectequebec.com/DGEQ.html

Ce que le texte ne contient pas, volontairement. Aucune menace de plainte, aucune échéance comminatoire, aucune mention de démarche juridique, aucune allusion à l'opinion publique. Une lettre qui demande une règle ne doit pas ressembler à une lettre qui exerce une pression : elle perdrait précisément ce qui lui donne sa force.

04 — Le destinataireÀ qui la demande est adressée, et comment il est établi

Question ouverte

Une demande envoyée à la mauvaise adresse ne produit rien, et une demande envoyée à un débat qui n'existe pas discrédite tout le dossier. Le destinataire est donc établi selon une séquence fixe, dont aucune étape n'est sautée.

  1. Confirmer l'événement. Date, heure, format, organisateur et titre officiel, à partir d'une annonce émanant de l'organisateur lui-même.
  2. Archiver l'annonce. Copie datée versée au dossier, avec son adresse d'origine.
  3. Identifier le service responsable des invitations, et non une adresse générale de commentaires du public.
  4. Adapter les champs entre crochets — et eux seuls.
  5. Faire valider le texte final par une personne distincte de celle qui l'a rédigé.
  6. Envoyer avec demande d'accusé de réception, puis publier le même jour la demande et son horodatage.

Des dates de débats circulent actuellement. Aucune n'est reprise ici, et aucune ne le sera avant d'avoir été confirmée à la source par l'organisateur. Utiliser une date non confirmée serait la faute la plus coûteuse de toute l'opération : elle donnerait raison, d'un seul coup, à tous ceux qui estiment qu'un parti émergent ne vérifie pas ce qu'il affirme.

05 — Le suiviLe registre des envois

Fait documenté

Une ligne par envoi. Elle apparaît le jour de l'envoi et n'est jamais retirée : elle est complétée au fil des accusés, des réponses et des relances.

Registre des envois — pièce MEDIA-004. État au 12 septembre 2026.
Réf. Destinataire Envoi Accusé Réponse Relance Publication
Aucun envoi effectué à ce jour. Le registre est ouvert : la première ligne y sera inscrite le jour même du premier envoi. Aucun envoi

Ce registre alimente les pièces MEDIA-004 (demande), MEDIA-005 (réponse) et MEDIA-006 (absence de réponse et délai) du registre des pièces médias, et chaque mouvement y est reporté à la chronologie des démarches.

06 — L'engagementCe que nous ferons de la réponse — ou du silence

Les trois issues possibles sont traitées d'avance, et de la même manière. Aucune ne donne lieu à une interprétation publique des motifs du diffuseur.

Une réponse arrive

Elle est publiée intégralement, sans coupure, à la date de sa réception. Les critères qu'elle contient sont reportés tels quels dans le tableau des critères, et notre situation est évaluée en regard de chacun — y compris lorsque nous ne les remplissons pas.

Aucune réponse

Le registre affiche le délai écoulé depuis l'envoi, mis à jour et daté. Une relance unique est envoyée et consignée. Aucun motif n'est supposé : une salle de nouvelles en campagne électorale a de bonnes raisons de ne pas répondre à tout.

Troisième issue : une réponse qui refuse de communiquer les critères. Elle est alors publiée telle quelle, exactement comme les autres. Un refus documenté est une information; un refus commenté n'est plus qu'une opinion.

07 — Les limitesCe que cette demande n'est pas

Analyse DD

  • Ce n'est pas une plainte. Aucune instance n'est saisie, aucune faute n'est alléguée.
  • Ce n'est pas une mise en demeure. Aucun délai n'est imposé, aucune conséquence n'est annoncée.
  • Ce n'est pas une demande d'invitation. Le mot « invitez-nous » n'y figure pas, à dessein.
  • Ce n'est pas une accusation de partialité. La lettre reconnaît explicitement la liberté éditoriale du diffuseur.
  • Ce n'est pas une campagne contre un média. Le même texte est adressé à chaque organisateur, sans distinction.

Ce que la demande est, en revanche : une pièce datée, publiée et vérifiable, qui existera encore dans dix ans. Si des critères écrits existent, elle permettra de les connaître. S'il n'en existe pas, elle l'aura établi sans avoir eu besoin de l'affirmer.

Une règle publique se discute.
Une règle absente ne peut que se subir.